© 2009-2019 by Mazeto Square | Mentions légales

Présentation

En février 1875, Victor Hugo rédige ce pamphlet pour demander la grâce d’un soldat que la cour martiale vient de condamner à mort pour « insulte grave envers son supérieur ».

Farouche opposant à la peine capitale depuis plusieurs années, Hugo s’appuie dans sa plaidoirie sur un fait marquant qui se déroula deux années plus tôt, également devant un tribunal militaire. En 1873, on jugea le maréchal Bazaine, coupable de s’être rendu aux Prussiens, sans avoir combattu, en livrant Metz. Les juges le déclarèrent coupable de « haute trahison », mais la peine de mort ne s’appliqua pas pour lui, seulement la dégradation militaire. Certains diront que cette clémence était due au brillant passé militaire de Bazaine (en 1945, le général de Gaulle eut cette même indulgence pour le maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun) ; d’autres rappelèrent qu’en livrant Metz, Bazaine, officier bonapartiste et très conservateur, facilita aux Prussiens l’accès à Paris, alors aux mains de la Commune qui s’essayait à l’autogestion, et se rêvait à un idéal socialiste.

En mettant dans la balance de la justice ces deux exemples – le sort d’un maréchal, et celui d’un troufion –, Victor Hugo démontre adroitement qu’il existerait donc deux justices. Finalement, le soldat Blanc ne fut pas fusillé, sa peine ayant été commuée en cinq années de prison, sans dégradation militaire.

 

Extraits

« L’impôt du sang payé à outrance, c’était la loi des régimes anciens ; ce ne peut être la loi de la civilisation nouvelle. Autrefois, la chaumière était sans défense, les larmes des mères et des fiancées ne comptaient pas, les veuves sanglotaient dans la surdité publique, l’accablement des pénalités était inexprimable ; ces mœurs ne sont plus les nôtres. Aujourd’hui, la pitié existe ; l’écrasement de ce qui est dans l’ombre répugne à une société qui ne marche plus qu’en avant ; on comprend mieux le grand devoir fraternel ; on sent le besoin, non d’extirper, mais d’éclairer. Du reste, disons-le, c’est une erreur de croire que la révolution a pour résultat l’amoindrissement de l’énergie sociale ; loin de là ; qui dit société libre dit société forte. »

 

La version électronique (ePub) de cet ouvrage est disponible ici.

 

Caractéristiques

Auteur : Victor Hugo

Paru le : 31/07/2017

Collection : Ab initio (19)

ISBN : 9782919229567

Format : 21 x 14,8 cm

Nombre de pages : 16

Pour un soldat

UGS : 9782919229567
6,00 €Prix
  • La collection Ab initio part à la recherche des textes anciens, parfois oubliés, pour les redécouvrir comme au premier jour, en s’attachant à les resituer dans leur époque pour mieux saisir toute l’importance qu’ils revêtent encore pour la nôtre. Discours historiques, analyses politiques, témoignages, essais, mais aussi courts récits, nouvelles, poèmes et autres curiosités... voici en quelque sorte ce qui s’annonce au menu.

     

    La volonté de l’éditeur est de participer à la prise de conscience de l’importance que constitue l’héritage universel des oeuvres du domaine public. En ce sens, chaque livre est présenté dans une version papier, vendu à un prix juste, qui considère l’économie dans laquelle il s’inscrit, mais aussi dans une version électronique, mise librement à la disposition de tous.